Oublier Camille

Oublier Camille

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Gaël AYMON
Oublier Camille
Adolescent
Dès 14 ans


Un roman qui aborde un sujet sensible et peu évoqué en littérature ado, celui de la construction de l’identité masculine.

 

Yanis est sincèrement amoureux de Camille. Ils se sont rencontrés trois ans plus tôt. Pourtant, “être un mec” et “assurer” avec les filles, c’est plus facile à dire qu’à faire. Devenir un homme oui, mais quel homme ? Et est-ce que tous les hommes sont censés savoir instinctivement quoi faire ? Camille le trompe, lassée d’attendre qu’il fasse le premier pas, et lui avoue son dérapage dans une lettre. Yanis coupe brutalement les ponts avec elle, vacille, doute sur son identité. Il fait de nouvelles rencontres même si, une fois encore, il réalise que ce n’est jamais simple d’aller vers les autres… Auprès de son cousin Manu, apprenti comédien de passage à Paris, il trouve le réconfort et les conseils qui lui manquaient. Il découvre le théâtre, la prise de risques, le bonheur de jouer et de vivre les mots des autres. Yanis retourne vers Camille, enfin prêt à vivre leur histoire.

 

INTERVIEW GAËL AYMON :

 

Oublier Camille sort un an après votre premier roman aux éditions Actes Sud Junior, Ma réputation. Deux romans courts et resserrés, deux personnages traversant une période clé de leur adolescence : celui de Laura, dans votre premier roman, celui de Yanis dans Oublier Camille. Peut-on parler d’effet de miroir entre ces deux textes ?

 

Oui, les deux livres ont volontairement un air de famille. Ils sont une sorte de pendant l’un de l’autre. Le personnage de Laura fait même une brève apparition dans l’un des flash-back d’Oublier Camille, à une autre époque de sa vie, dans un autre contexte. Si Ma réputation aborde le thème du harcèlement scolaire et Oublier Camille celui du premier pas amoureux, ces deux romans sont avant tout des récits de l’adolescence, d’une poignée de semaines fondamentales dans la construction des deux héros.

 

Oublier Camille aborde avec finesse la question de la construction de l’identité masculine. Qu’est-ce qui a suscité l’envie d’écrire sur ce sujet ?

 

Le roman aborde la construction d’une identité masculine parmi tant d’autres, ni la mienne, ni une masculinité “universelle”. L’adolescence est l’âge où l’on apprend qu’il faut porter des masques, endosser un rôle, pour se conformer aux attentes de la société. Une des représentations imposées aux garçons est qu’un homme se construirait seul, instinctivement, sans mystère et sans faillir. Chaque homme un tant soit peu honnête sait pourtant intimement que cela est un mensonge. Mais mon envie d’écrire ne part pas d’un processus idéologique aussi complexe. Je voulais parler d’un premier véritable amour, et (nous) plonger dans la tête d’un garçon de quinze ans, assez fort pour se remettre en question, aimer vraiment et faire face à lui-même. J’aime beaucoup Yanis.

 

 

Gaël Aymon en quelques mots :


Les auteurs avec qui j’aimerais dîner :
C’est déjà fait pour la plupart ! Sinon… Virginie Despentes ? Malorie Blackman ? Harper Lee ? Des auteurs dont la conversation serait susceptible d’être aussi (ou plus) intéressante que leurs livres, ce qui n’est pas forcément toujours le cas.


Les héros ou héroïnes de fiction que j’aimerais rencontrer :
Paul Atréides et sa mère (Dune, de Frank Herbert), un ou deux schtroumpfs (mais pas cent ! juste pour voir à quoi ils ressemblent en vrai !), Justin Quayle (The constant Gardner, de John le Carré, adapté au cinéma par Fernando Meirelles) ou Madame de Tourvel (Les Liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos) pour les réconforter, Baba Yaga (juste pour me faire peur !)… Mais, à vrai dire, la plupart des héros doivent être très ennuyeux dans la vie.
Les héros ou héroïnes de fiction que je n’aimerais pas croiser :
Martine et le Petit Prince (et surtout pas ensemble !). La fée du robinet et la sorcière de la rue Mouffetard, pour d’autres raisons.


Les musiques qui m’accompagnent dans l’écriture :
Différentes à chaque livre, selon les besoins de l’histoire ! Liszt et Prokofiev pour certains contes. Brel, Purcell, DJ Mad Dog pour certains romans ados. La BO d’Assassin’s creed IV pour certains passages du tome 1 des Héros Oubliés… Ce n’est jamais qu’un outil pour m’aider à trouver l’ambiance juste. Sinon, je préfère écrire en semi-silence, sur bruit de fond de rue ou d’un intérieur de wagon de train.


Le concert de ma vie :
Romeo et Juliette de Prokofiev par Rudolf Noureev à l’Opéra Bastille, dansé par Monique Loudières, il y a vingt ans et des poussières. Découverte inattendue de néophyte. Claque magistrale.


Les albums CD que je conseillerais les yeux fermés :
Je ne conseille jamais la musique que j’aime. Je me la garde égoïstement comme un plaisir solitaire.


Les films dont je ne me lasserai jamais :
Hélas, je me lasse même de mes préférés ! Les œuvres sont rattachées à des époques de la vie et vieillissent avec elles. Épouses et concubines (de Zhang Yimou) ou La Nuit du chasseur (de Charles Laughton) ont peut-être survécu à ce passage du temps par leur simplicité formelle. Je devrais vérifier !


Les héros et héroïnes de mon enfance :
Thémis et Noumaïos (Ulysse 31), Esteban et Zia, Fantômette et le Club des cinq, Philémon, Yoko Tsuno, les méchants de contes…


Le métier que j’aimerais faire dans une autre vie :
Musicien ? Danseur ? Astronaute ? J’ai du mal à me projeter dans une vie rêvée. Je n’ai jamais rêvé d’être auteur et je m’y trouve pourtant à ma place.


Le pays où je désirerais vivre :
La France me convient parfaitement (en tout cas, telle qu’elle est jusqu’à présent). Je n’ai pas du tout envie de vivre ailleurs.


Le mot que je préfère :
Je ne suis pas fétichiste de la langue. Oui, je sais, mes réponses ne sont pas drôles !

Le mot que je déteste :
Des expressions courantes, plutôt. Le déprimant et pessimiste “Bon courage” employé partout à la place d’“Au revoir”.

Ma devise :
Je ne détiens aucun secret, aucune formule magique.
Il faut prendre le voile, préserver son désir,
ne jamais s'en départir, rester bien à l'intérieur de soi.
Exiger autant de soi que des autres.
“Vigiler” pour les autres autant que pour soi.
Vouloir avec une inentamable opiniâtreté.
Être sa vérité.
Ne jamais perdre espoir.
Vouloir  recommencer.
Avoir peur mais avancer toujours.
(Barbara)

 


Depuis 2010, GAËL AYMON s’est tourné vers la littérature jeunesse après une expérience de comédien, scénariste, réalisateur et producteur. Auteur de contes, d’albums et de romans, dont cinq “Romans ado” Ma réputation, Oublier Camille, Mon âme frère et Les Héros oubliés (Tome 1 - Aux portes de l'oubli et Tome 2 - Les Maîtres) publiés aux éditions Actes Sud Junior. Il enseigne également le théâtre aux enfants et aux adolescents.

 

 

Photo Gaël Aymon © William Beaucardet



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